Finch ferma les yeux avant de se laisser glisser sur le canapé. Rien... Juste le silence et elle, seuls. Elle s'en était toujours voulu de ne pas avoir compris la détresse de Pauline et d'avoir attendu le dernier moment pour admettre la vérité. Elle soupira. Elle ne referait pas la même chose avec son demi-frère car se voilait la face ne sert à rien. Il lui arrivait de commencer des phrases et de les faire taire, comme si laissait son coeur parlait sans réfléchir était une grave erreur. Même si elle avait l'impression d'avoir évité de dire une énormité, elle se sentait toujours compressée par ce sentiment, ce manque, cet 'avoir eu envie de...' qu'elle n'avait pû assouvir.
Pauline: Finch... J'ai quelque à te dire...
Finch: Dis moi tout.
Pauline dégluttit. Elle passa nerveusement la main dans ses cheveux, et s'arrêta au moment s'apprêtait à glisser le long de ses pointes. Un sourire étira ses lèvres malingres et elle sourit à Genny qui rêvassait au coin de la fenêtre.
Pauline: Ton frère est adorable. A-DO-RA-BLE !
A ce moment-là, la jeune fille n'avait pas compris. Mais elle aussi, elle avait etouffée une phrase qui lui brûlait le coeur. Finch avait souri, Genny avait éclaté de rire. Parce qu'elles n'avaient pas compris les sentiments de leur amie.
Les jours s'étaient alignés et entassaient dans la boîte à souvenirs dans une routine agréable. Même si Finch et Genny voyaient de moins en moins leur meilleure amie, l'idée qu'elle puisse aller mal ne leur avait pas traversé l'esprit. Peut être pour étouffé un doute un peu trop opressant.
La sonnerie de la fin des cours tinta et Genny se précipita vers Finch qui l'attendait au portail, le visage livide.
Genny: Tu tires une de ces tronches ! XD Quelqu'un est mort ou quoi ?!
Finch releva la tête pour la regarder, ses yeux roux brillant de larmes.
Finch: Tu savais qu'elle était malade ?
La jeune fille fixa sa meilleure amie, tetanisée. Elle agita la tête pour chasser des idées noires qui n'étaient pourtant que pure vérité et respira profondément.
Genny: De quoi tu me parles, là ?!
Finch: De Pauline...
Finch etouffa un sanglot alors que Genny la fixait, passablement enervée.
Genny: Arrête de blaguer avec ce genre de chose !
Finch: Je ne blague pas !
Genny: Si ! Tu dis ça comme si elle allait mourrir !
Finch: Genny... Elle avait une tumeur cérébrale.
Genny sentit son coeur se figer dans sa poitrine et les larmes glissaient sur ses joues rosies par le vent froid.
Genny:Elle avait... Elle est soignée alors. *sourit*
Finch: Son enterrement est dans deux jours...
Finch recula de trois pas avant de sourire tristement à sa meilleure amie et de tourner les talons. Genny se tût, la bouche entrouverte, elle observait les collégiens qui riaient et souriait comme si de rien n'était, alors qu'elle, venait de perdre sa raison de vivre. Son enterrement est dans deux jour... Elle fusilla du regard un jeune garçon qui l'avait bousculé et s'était excusé en riant. Genny respira profondément avant de fermer les yeux et laisser couler toute les larmes qu'elle avait contenu pour elle.
Finch claqua la porte d'entrée et marcha comme une automate jusqu'à sa chambre sans prendre la peine de saluer son frère dans la cuisine. Card la remarqua et se précipita vers elle manquant de tomber à chaque pas qu'il effectuer. La jeune fille le regarda, sur le point de fermer la porte de sa chambre. Il la supplia du regard et elle la poussa un peu pour lui permettre de rentrer. Il s'assit sur le lit, sa cheville cassée lui faisant atrocement mal et la jeune fille se laissa glisser sur ses genoux. Card posa sa main sur sa tête, dans un geste rassurant.
Card: Tu peux pleurer... Je ne te laisserai pas seule, ne t'inquiète pas. Je serais toujours là pour toi.
Finch releva la tête et l'enlaca tendrement, blotissant ses lèvres dans son cou à la recherche d'une chaleur humaine.
Genny avait fermer la porte d'entrée, délicatement. Le portail qui surplombait la maison était resté grand ouvert. Elle avait laissé glisser ses vêtements sur le sol dans un geste monocorde. Son regard brouillé par la mélancolie avait cherché la fine nuisette blanche de Pauline. Elle l'avait trouvé, bien posée sur son lit. La jeune fille l'enfila, laissant le fin tissu glissait sur son corps nu. Genny se réfugia dans l'odeur de son Amie. Elle glissa les mains dans ses cheveux mauves et écrivit quelques mots sur son mur d'une blancheur éclatante.
Chère Maman. Au moment où tu rentreras dans ma chambre pour voir si je ne t'ai pas dérobée une bouteille de vodka, tu liras ce mot, complètement saoule, tu croiras d'abord à une hallucination et ira te coucher. Demain... Un policier sonnera à ta porte et te préviendra que je suis morte. Alors tu te préciteras à la fenêtre, comme si je venais de mourrir le temps que ton regard se pose sur la porte. Tu verras la marre de sang sur le trottoir et tu pleureras sûrement plus que de raison. Tu te videras par les larmes de tout cet alcool que tu as ingurgité et tu supplieras Dieu de me redonner vie. Tu crieras ensuite 'Pourquoi ?' et tu reliras ce message, tu verras que la réponse est là, écrite proprement sur ce mur si blanc, si pur. Je l'ai Aimé plus que de raison, comme toi tu pleureras pour moi. Comme moi tu regretteras de ne pas avoir su dire 'Je t'aime' au moment fatidique. Elle était ma raison de vivre et tout l'amour que j'ai pu lui porter ne battra jamais cette amour de fille que j'ai à ton égard. Je ne te dirai pas de ne pas pleurer parce que c'est impossible. Je ne te dirai pas de m'oublier parce que c'est oublié. Je te demanderai seulement de comprendre. Comprendre qu'on aime sincèrement une seule personne dans notre vie. On peut en aimer d'autre mais plus de la même manière. Au revoir, Maman et A plus tard, beaucoup plus tard.
Genny. Je t'aime, Maman et même si tu ne me l'as jamais dit je sais que tu m'aimes aussi.
Genny ouvrit la porte fenêtre, esquissa un dernier sourire. Sa main parcouru le fin tissu et elle blottit ses lèvres contre le textile dans un silence déroutant. Le vent glissa dans ses cheveux, elle enjamba la barrière de sécurité, le vent souffla dans ses cheveux, et elle se laissa tomber dans ce feutrement de vêtements si silencieux et pourtant si bruyant. Elle avait toujours rêvé de voler même quelques secondes.



